France-Pays de Galles: Le pire dans cette histoire? Les Bleus nous ont fait plaisir

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RUGBY Séduisant avec le ballon, le XV de France a paradoxalement livré un de ses meilleurs matchs depuis longtemps malgré la défaite (19-24)

Au Stade de France,

Etonnant Yohann Huget, une bonne heure après le match. On s’attend à voir le bonhomme de flageller en public, comme Vahaamahina un peu plus tôt, pour cette erreur grossière qui a largement contribué au fisaco du soir, et voilà qu’il nous évacue ce fait de jeu en trois secondes. « Tout le monde a vu les conditions climatiques, parfois il y a des rebonds favorables, parfois ils sont défavorables. C’est comme ça ». Pas le temps de le relancer qu’il enchaîne sur la prestation collective des Bleus, à deux doigts de nous faire croire qu’ils ont gagné.

Une première mi-temps prometteuse

« La première mi-temps est franchement aboutie. On arrive à les mettre sous pression, on sent qu’ils n’ont aucune solution que ce soit par le jeu au pied ou à la main. On les sent fébriles, on ne sent pas une équipe qui arrive avec 9 victoire d’affilée. Autant en novembre, qu’on prenne tout ce qu’on a pris parce qu’on perd face aux Fidjis sans mettre l’envie, c’est normal. Autant là, L’état d’esprit a été remarquable, et ce qu’on a fait sur 60 minutes, si on tient ça, ce groupe a de beaux jours devant lui »

Reconnaissons au Toulousain une certaine justesse d’analyse. En dépit de son manque de confiance lancinant et d’un passif de plus en plus difficile à éponger, le XV de France a presque donné envie d’un coït fougueux pendant une bonne mi-temps. Des trucs qu’on ne savait même plus que c’était encore possible.

  • Une équipe opportuniste, capable de scorer à chaque fois qu’elle est dans un temps fort
  • Une charnière sûre de son affaire et de son fil directeur, en dehors d’un manque de réussite dommageable sur les coups de pied de pénalité
  • Un essai après avoir balayé quatre fois la largeur dans les 22 mètres gallois sans gâcher l’action par un en avant ridicule ou un empaillage mal maîtrisé sur un pieu adverse
  • Un autre essai de première main où le ballon circule assez vite jusqu’à l’aile opposée pour libérer Huget
  • Un jeu de passes enthousiaste malgré cette gougnafière de pluie, à l’image du 3e ligne Iturria, virevoltant comme un Charly Magne de la grande époque.
  • Une connexion Clermont-Toulouse prometteuse chez les trois-quarts, même s’il a peut-être manqué le punch de Dupont pour relayer Parra en deuxième mi-temps.

Huget encore : « On s’attendait à une équipe galloise qui allait tenir le ballon et on les a vus faire des en avant, derrière on marque des essais relativement sympas sous des conditions climatiques difficiles. En face, c’est la 3e nation mondiale, et si on ne leur donne pas ces 14 points, on n’est pas inquiétés un seul instant. Ils n’existent pas ».

Dans son expression offensive, le XV de France a rarement ébloui ces derniers mois en dehors d’un ou deux exploits individuels de Teddy Thomas. Vendredi, on a vu des mouvements qui ressemblaient à une équipe qui sait où elle va, dans une composition qui se rapproche de ce que le rugby français peut offrir de mieux.

« C’est un match qu’on a en nous, renchérit Lopez. On est largement au niveau de cette équipe. La première mi-temps, on est efficaces et on score à chaque fois qu’on va chez eux. On a montré qu’on savait faire des bonnes choses. Malgré le deuxième essai casquette, on va rechercher cette pénalité pour repasser devant. Il ne faut pas tout jeter ».

C’est peut-être même l’enseignement le plus encourageant de la soirée. L’équipe de France a l’habitude de se faire rejoindre sur le fil après une fin de match en apnée. Cette fois, si elle n’a pas été fichue de garder une avance conséquente plus de 20 minutes, elle a montré du caractère pour repartir au feu et menacer les Gallois jusqu’au bout du bout. « Ce n’était peut-être pas criard au bord du terrain, mais on avance, veut croire Iturria. Moi j’ai senti quelque chose naître ce soir. On prend des pètes sur le casque mais on s’est remobilisés à chaque fois, les remplaçants ont bataillé, on s’est encouragés, il y avait toujours un gars pour relever le copain, c’était bien de sentir ça en équipe de France ». On y croit comme on peut.

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